Bilan 2001-2008
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janvier 2006
Quels investissements pour les transports en Alsace ?
Une situation devenue critique
Quels investissements pour les transports en Alsace ?
Une situation devenue critique
Les débats sur le récent "amendement Bur", pour la mise en place d'une taxation sur le transport par camion en Alsace, ont remis en évidence les problèmes de circulation routière. La taxe allemande (appelée LKW-Maut) sur les camions a aggravé le phénomène par le transfert d'une partie du trafic en Alsace, mais elle n'est pas la seule cause. Il s'agit d'une tendance "en route" depuis des décennies du fait des choix en matière de transport et d'urbanisme qui ont incité à l'usage des voitures et des camions.
"Qui sème la route récolte le trafic"
Pour répondre au problème, de multiples projets routiers sont proposés en Alsace. Ainsi le GCO (Grand Contournement Ouest) doublerait à travers le Kochersberg l'autoroute actuelle autour de Strasbourg. Ses promoteurs reconnaissent que seulement 10% du trafic serait transféré, puisque les importants déplacements quotidiens vers Strasbourg seraient peu touchés. Il s'agit donc d'une fausse solution bien coûteuse. Outre le financement, chaque nouvelle autoroute est très consommatrice d'espaces d'intérêt agricole ou naturel, de plus en plus rares dans notre plaine d'Alsace.
De même en bordure ouest de Schiltigheim une VLIO (Voie de Liaison Interurbaine Ouest) est projetée. Elle est pour le moment mise en veilleuse, car la sagesse d'un préfet a tout de même prévalu pour privilégier un puits de captage d'eau potable sur le passage de cette route, mais pour combien de temps ?
L'expérience montre que la création de nouvelles routes génère du trafic supplémentaire au lieu de le réduire.
Des investissements dans les transports en commun
Lorsque nos collectivités augmentent l'offre de transports en commun, le succès est au rendez-vous. Sur la CUS, les villes et les quartiers non desservis par le tram réclament son passage. Les efforts de la Région et de la SNCF pour des TER plus attractifs satisfont un public de plus en plus large.
Alors qu'il continue d'investir dans les autoroutes (notamment dans le GCO) il est incompréhensible que l'Etat ait remis en cause ses financements pour le transport en commun, aussi bien pour le tram à Strasbourg que pour le tram-train vers le Piémont des Vosges. Les Schilikois seront également touchés par la réduction de l'offre sur la ligne SNCF Strasbourg-Lauterbourg en "gare de Bischheim", avec seulement un train par demi-heure, contre un train par quart d'heure initialement prévu.
Les enjeux tant économiques qu'écologiques devraient accorder la priorité aux TC et au fret ferroviaire, car plus économes en énergie et en espace et moins polluants.
La responsabilité de chacun
Pour améliorer la situation, chacun détient une part de responsabilité. L'Etat et les collectivités doivent privilégier les investissements dans les transports en commun et le fret ferroviaire. Les usagers peuvent réduire l'usage de la voiture en préférant la marche ou le vélo pour les petits trajets et les transports en commun quand c'est possible. Les consommateurs peuvent choisir des produits locaux plutôt que ceux transportés sur des milliers de km.